Interview de Hiroshi Watari sur son rôle dans Uchuu Keiji Sharivan
Interview réalisée par Yu Tagami et traduite par Tetsuya Shima, tirée du livre Uchuu Keiji Taizen – Gavan, Sharivan, Shaider no Sekai, publié en juillet 2000 au Japon par Futabasha, sous la direction éditoriale de Mikio Ando & Studio Hard.
Référence du livre : ISBN 4-575-29080-7
Le Journaliste : Dites-nous pourquoi vous avez rejoint la JAC (Japan Action Club) ?
Hiroshi Watari : Quand j’étais plus jeune, j’ai toujours adoré les héros comme Ultraman et Kamen Rider. À l’époque, Sonny Chiba apparaissait dans la série Key Hunter et j’adorais l’imiter lorsque j’étais étudiant. Je voulais devenir acteur comme lui. À cette époque, le film Kenka Karate Kyokushinken (Champion of Death), avec Sonny Chiba, est sorti au cinéma. Etsuko Shihomi apparaissait également dans la série Kikaida 01 et expliquait dans un magazine comment elle avait commencé sa carrière en tant que membre de la JAC. C’est ainsi que je me suis intéressé à la JAC.
Quand j’étais au collège, j’ai voulu visiter les bureaux de la JAC à Tokyo pendant les vacances d’été. Je suis parti de la préfecture de Niigata en train de nuit, car le Shinkansen ne desservait pas encore cette ligne. Ce voyage était donc une véritable aventure pour moi. Malheureusement, les bureaux avaient déménagé et je n’ai pas réussi à les trouver. Finalement, je suis rentré chez moi le jour même.
Le Journaliste : Vous n’avez donc même pas réussi à trouver les bureaux de la JAC ?
Hiroshi Watari : Non. Mon père s’opposait fermement à mon projet, alors je suis entré au lycée. Mais je n’avais pas perdu ma fascination pour la JAC. J’ai donc rejoint le club de gymnastique de mon école. Je pensais pouvoir acquérir les compétences nécessaires pour devenir cascadeur en pratiquant les barres parallèles et le cheval d’arçons. Je regardais la série Chōjin Bibyūn et j’y voyais des cascades incroyables pendant les scènes d’action. Il m’arrivait même de disposer des tapis sur le sol du gymnase et de sauter depuis le deuxième étage. J’étais toujours passionné par les cascades.
Lorsque j’étais en troisième année de lycée, je suis donc retourné à Tokyo pendant l’été. J’ai menti à mon père en lui disant : « On m’a demandé de devenir entraîneur de gymnastique, alors je pars dans un camp d’entraînement pendant une semaine. » Sur le chemin des bureaux de la JAC, j’ai été abordé par une personne transgenre. (rires)
Plus tard dans la soirée, j’ai enfin réussi à trouver les bureaux de la JAC. Je suis entré dans le bâtiment en disant : « J’aimerais rejoindre la JAC. » Une personne m’a répondu assez sèchement : « Nous n’acceptons personne pour le moment. Rentre chez toi, il est tard. » Je suis donc immédiatement ressorti. Mais je ne voulais pas laisser passer cette occasion. Je suis retourné dans les bureaux et j’ai dit : « S’il vous plaît, j’aimerais vraiment rejoindre la JAC. » On m’a alors répondu : « Nous organiserons des auditions en mars prochain. Reviens nous voir à ce moment-là. » Je me demandais ensuite comment j’allais occuper les six jours qui me restaient. (rires) Je suis donc revenu une nouvelle fois et j’ai demandé : « Est-ce que je pourrais au moins assister à l’entraînement ? » Finalement, on m’a donné l’autorisation d’observer l’entraînement et on m’a communiqué l’adresse du gymnase. Mais l’entraînement n’avait lieu que deux jours plus tard. Je me suis alors faufilé dans une zone de stockage située sur le toit des bureaux et j’y ai passé la nuit.
Le Journaliste : Vous étiez déjà un peu comme Den Iga ou un agent d’infiltration !
Hiroshi Watari : Je ne connaissais personne à Tokyo et j’avais peur d’être à nouveau abordé dans la rue par une personne transgenre. (rires) Pendant la nuit, il s’est mis à pleuvoir et j’ai ressenti une grande solitude. Je me souviens encore très bien de cette nuit. Quoi qu’il en soit, le jour de l’entraînement est enfin arrivé. C’était un moment que j’attendais depuis longtemps : j’allais enfin pouvoir assister à un entraînement de la JAC. J’ai regardé leur entraînement et j’ai reconnu Battle Kenya ! (rires)
Le Journaliste : C’était Kenji Ōba, n’est-ce pas ?
Hiroshi Watari : Oui, c’était bien lui. Etsuko Shihomi était également présente et je voulais absolument lui parler. Je lui ai dit : « J’aimerais rejoindre la JAC. » Elle m’a répondu : « Venez aux auditions du mois de mars. » Je me suis dit : « Waouh ! Je viens de parler avec Etsuko Shihomi ! Mon voyage à Tokyo n’aura pas été inutile ! » J’ai ensuite observé leurs entraînements tous les jours jusqu’au moment de rentrer chez moi. Je suis revenu au mois de mars pour participer aux auditions de recrutement.
Le Journaliste : Les auditions étaient beaucoup plus sélectives à cette époque qu’elles ne le sont aujourd’hui ?
Hiroshi Watari : Oui. C’était l’époque de la sortie de Momochi Sandayū et Hiroyuki Sanada connaissait alors une immense popularité. Il y avait 4 200 candidats au départ et seulement 40 furent sélectionnés.
Le Journaliste : Quelle a été votre première apparition ?
Hiroshi Watari : C’était dans la pièce de théâtre Stuntman Monogatari (Stuntman Story), dont l’acteur principal était Hiroyuki Sanada. Elle était jouée au Shinjuku Koma Theater. Nous avons commencé les répétitions en juin et avons donné des représentations publiques en juillet et en août. Après cela, j’ai interprété plusieurs petits rôles dans la série Taiyō Sentai Sun Vulcan. Junji Yamaoka, le coordinateur des cascades, m’avait choisi pour de petits rôles. Je jouais généralement des soldats androïdes, mais j’ai également porté à plusieurs reprises le costume de Vul Shark lors des scènes de combat et de cascades. Vul Shark était habituellement interprété par Takanori Shibahara. Mon vrai nom est Hiroshi Watanabe, alors on me surnommait « Nabe ». Junji Yamaoka et les autres membres de la JAC m’appelaient amicalement ainsi.
Le Journaliste : Votre expérience de la gymnastique vous a-t-elle été utile ?
Hiroshi Watari : Je pense que oui.
À cette époque, Sonny Chiba est apparu dans une publicité pour une boisson alcoolisée appelée Warikka. Le jour du tournage de cette publicité, j’ai été le tsukibito de M. Chiba. Un tsukibito est en quelque sorte l’assistant personnel d’une personnalité importante. J’ai passé du temps avec M. Chiba entre les prises, mais j’étais tellement nerveux que je ne savais absolument pas ce que je devais faire. Il n’y avait que du silence...
Le Journaliste : Mais vous aviez déjà fait beaucoup de chemin depuis l’époque où vous vous contentiez de regarder vos héros à la télévision.
Hiroshi Watari : Effectivement. (rires)
À partir du mois d’octobre, j’ai interprété Totem Pole Monger dans le Sun Vulcan Show du parc d’attractions Kōrakuen Yūenchi, et ce jusqu’à la fin du mois de novembre. Le tournage de Dai Sentai Goggle V a commencé l’année suivante. Junichi Haruta interprétait Kanpei Kuroda et portait également le costume de Goggle Black pendant les scènes de cascades. Dans l’épisode 7, j’ai moi aussi eu l’occasion de porter le costume de Goggle Black pour une scène de combat. J’ai également interprété Tori Mozu, un monstre de l’épisode 2. Puis le tournage de Gavan a commencé. Dans l’épisode 1, j’ai interprété Double Man. J’ai également porté le costume de Gavan dans la scène où il détruit avec son Laser Z Beam un bâtiment projeté vers lui. La pose du Laser Z Beam a été créée par Osamu Kaneda, Minoru Yokoyama et moi-même.
Le Journaliste : Je ne savais pas que vous aviez joué des rôles aussi variés. Je suis très surpris.
Hiroshi Watari : Ce n’était pas inhabituel qu’un nouveau membre de la JAC doive faire un peu de tout. J’ai également porté le costume de Gavan pour certaines scènes filmées en gros plan. Puis Sonny Chiba m’a demandé de venir à Kyoto pour être sa doublure lors des scènes de cascades. Je l’ai doublé dans Kage no Gundan II (Shadow Warriors II), Kage no Gundan III et Yagyū Jūbei Abaretabi. C’était un immense honneur pour moi de doubler Sonny Chiba. L’année suivante, j’ai participé à une audition pour le rôle de Den Iga dans Sharivan. Quelques jours plus tard, M. Chiba m’a annoncé que j’avais réussi l’audition et obtenu le rôle principal de la série Sharivan. C’est à ce moment-là que l’on m’a donné mon nom de scène : « Hiroshi Watari ». Juste après mon apparition dans Gavan, le tournage de Sharivan a commencé. J’avais 19 ans à l’époque.
Le Journaliste : Vous avez joué aux côtés de Kenji Ōba, n’est-ce pas ?
Hiroshi Watari : Kenji Ōba est quelqu’un de très gentil. Dans l’épisode 42 de Gavan, où je fais ma première apparition dans le rôle de Den Iga, Kenji Ōba devait me porter sur ses épaules. Il n’arrêtait pas de plaisanter en me disant : « Te porter m’a fait mal à l’épaule. » (rires) Tout ce que je pouvais répondre, c’était : « Je suis désolé. » Puis il riait et disait : « Je plaisante. » (rires)
Le Journaliste : Jouer le rôle principal mettait à l’épreuve non seulement vos qualités de cascadeur, mais également vos capacités d’acteur.
Hiroshi Watari : Je travaillais également mon jeu d’acteur, mais je ne savais pas du tout comment le public allait me percevoir. Lorsque j’ai regardé le premier épisode de Sharivan, je me suis dit : « Je suis vraiment mauvais ! » (rires) C’était terrible. Je trouvais vraiment mon jeu mauvais. Au début, j’ai essayé de jouer de manière comique comme Kenji Ōba et Sonny Chiba, mais je n’y arrivais pas. Lorsque j’ai joué avec Kenji Ōba dans Sharivan, nous nous sommes inconsciemment mis à rivaliser l’un avec l’autre. Mais Kenji Ōba était bien meilleur que moi. Dans Gavan, il avait donné l’impression que les séries Uchuu Keiji étaient remplies de scènes d’action spectaculaires avant même que le héros ne se transforme. Je ressentais donc énormément de pression pour maintenir ce niveau. Je n’étais pas particulièrement doué pour les combats chorégraphiés, alors je dois beaucoup aux acteurs qui interprétaient les ennemis.
Le Journaliste : Jun Murakami portait le costume de Sharivan, comme il avait également porté celui de Gavan. Vous entendiez-vous bien avec lui ?
Hiroshi Watari : Je pense que nous étions liés par le destin. Lorsque j’étais encore nouveau à la JAC, j’ai aperçu quelqu’un portant la tenue d’entraînement de la JAC en train de téléphoner depuis une cabine publique sur le chemin du retour. Je l’ai salué : c’était Jun Murakami. Nous habitions dans le même immeuble. La chambre de Murakami se trouvait au premier étage et la mienne au deuxième. Jun Murakami venait donc souvent dans ma chambre en me disant : « Hé, fais-moi du café ! » ou : « Je meurs de faim. Prépare-moi des yakisoba ! » (rires) Je lui préparais alors des yakisoba en me demandant comment il savait qu’il y en avait dans mon réfrigérateur.
Pendant le tournage de Sharivan, nous étions toujours ensemble. Il me donnait parfois des conseils. Par exemple, il m’a appris comment avoir l’air cool lorsque j’atterrissais au sol. Je suppose que c’était sa façon de me remercier pour le café et les yakisoba. (rires)
Le Journaliste : Comment vous entendiez-vous avec Yumiko Furuya, qui interprétait Lilly ?
Hiroshi Watari : Elle avait 24 ans à l’époque, alors je la considérais un peu comme une grande sœur. Au milieu de la série, elle et Jun Murakami ont commencé à se fréquenter. À l’époque, je me demandais toujours pourquoi elle passait autant de temps dans la chambre de Jun Murakami. (rires)
Le Journaliste : Après le tournage de Sharivan, ils se sont mariés.
Hiroshi Watari : Oui, et ils sont toujours heureux aujourd’hui. À l’époque, nous étions tous comme les membres d’une même famille.
Le Journaliste : Parlez-nous du tournage de l’épisode final.
Hiroshi Watari : Kenji Ōba voulait tourner une scène de combat avec moi dans l’épisode final de Sharivan. Je me demandais si nous allions réellement pouvoir le faire. Puis j’ai vu Osamu Kaneda, le coordinateur des cascades, dans le bus qui nous conduisait sur le lieu du tournage. C’est à ce moment-là que j’ai compris que nous allions vraiment tourner cette scène. Au tout début de l’épisode final de Sharivan, l’épisode 51 « Sekisha – Jōchaku », lorsque Retsu et Den se retrouvent au pied du mont Fuji, ils effectuent un petit combat amical. Cette scène ne figurait pas dans le scénario original. C’est Kenji Ōba qui en avait eu l’idée.
Après avoir terminé le tournage de Sharivan, je me suis senti très seul.
Les acteurs en costume et les autres membres de l’équipe étaient tous occupés à préparer la série suivante, Uchuu Keiji Shaider, mais moi, je n’avais plus rien à faire. Je me suis dit que c’était le destin de l’acteur principal : lorsque la série se termine, il doit savoir tirer sa révérence. Je devais reprendre le travail sur scène une vingtaine de jours plus tard, mais ces vingt jours m’ont paru extrêmement longs. Les trois années qui avaient précédé mon rôle dans Sharivan avaient été remplies de défis constants.
À cette époque, je suis monté sur scène lors d’un spectacle au Kōrakuen Yūenchi et j’ai dit au public : « Vous pourrez bientôt voir l’épisode final de Sharivan à la télévision, alors s’il vous plaît, regardez-le. » Avec le recul, je suis très heureux d’avoir participé à une série télévisée créée par des personnes possédant des compétences aussi extraordinaires.
J’aimerais pouvoir jouer à nouveau dans une série comme celle-là. Je pense que les séries Uchuu Keiji sont comparables à Ultraman et Kamen Rider. Je serais donc très heureux qu’une nouvelle série Uchuu Keiji voie le jour à la télévision. Den Iga est prêt à soutenir un nouveau policier de l’espace. J’encourage la création d’une nouvelle série en soumettant différentes propositions. J’espère que la publication de ce livre servira de déclencheur à la création d’une nouvelle série. S’il y a quelque chose que je peux faire pour la série, je le ferai avec toute mon énergie.