Interview d’Hiroshi Tsuburaya sur son rôle dans la série Uchuu Keiji Shaider. 
 
Interview réalisée par Yu Tagami, traduite du japonais vers l’anglais par Tetsuya Shima et tirée du livre Uchuu Keiji Taizen – Gavan, Sharivan, Shaider no Sekai, publié au Japon par Futabasha, sous la direction éditoriale de Mikio Ando & Studio Hard. 
 
Référence du livre : ISBN 4-575-29080-7 
 
 
Le journaliste : Dites-nous pourquoi vous vouliez devenir acteur ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Je jouais au volley-ball depuis le collège et j’allais devenir joueur de volley-ball universitaire. À cette époque, j’avais entendu parler d’une audition pour le film Nogiku no Haka (La Tombe des chrysanthèmes sauvages), dont l’actrice principale était Seiko Matsuda. Cela m’a intéressé et j’ai donc passé l’audition pour le rôle masculin principal. Finalement, j’ai échoué juste avant la sélection finale, mais j’avais été fasciné par l’atmosphère tendue de l’audition. La tension que j’avais ressentie était différente de celle que j’éprouvais lors des matchs de volley-ball. Ce fut le début de ma carrière professionnelle en tant qu’acteur. 
 
Pour votre information, le réalisateur de ce film était Shinichirō Sawai. 
 
Le journaliste : Quelle coïncidence ! Bien plus tard, vous avez de nouveau travaillé avec Shinichirō Sawai, notamment sur le film Fukuzawa Yukichi... 
 
Hiroshi Tsuburaya : Après cette audition, je suis apparu dans Koukousei Fu-Fu (Le Couple du lycée), une production télévisée de Daiei Television. C’était mon premier rôle. Les acteurs principaux étaient Maiko Itoh et Shingo Tsurumi, et j’interprétais un ami proche du personnage de Shingo. Ensuite, je suis apparu dans la série Shaider. 
 
Le journaliste : Jun Yoshida et vous étiez en lice pour le rôle principal de la série Shaider. Il a fallu beaucoup de temps pour choisir lequel de vous deux allait interpréter Dai Sawamura, alias Shaider ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Exactement. Jun Yoshida et moi sommes allés nous entraîner à la JAC, le Japan Action Club, pendant environ deux mois. Même si j’étais jeune et que j’avais de l’expérience en volley-ball, l’entraînement à la JAC était très difficile pour moi. Mon corps était assez raide et je n’avais aucune expérience en gymnastique. Ce fut vraiment éprouvant... 
 
Le journaliste : Par la suite, vous avez été choisi pour interpréter Dai Sawamura, tandis que Jun Yoshida a obtenu le rôle de la grande prêtresse Pô. Comment s’est déroulé le premier tournage ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : La toute première scène du premier jour de tournage était une scène de combat destinée à l’épisode 2, Odore Peto Peto ! Je devais me battre sur la remorque d’un camion en mouvement. 
 
J’ai eu une réaction du genre : « Quoi ? Vous êtes sérieux ? » Mais les membres de la JAC qui interprétaient les soldats Miraclers avaient déjà commencé les préparatifs comme s’il s’agissait pour eux d’un travail tout à fait habituel. 
 
Le journaliste : Dans le deuxième épisode, lors de votre transformation, vous bondissez en l’air à l’aide d’un petit trampoline. 
 
Hiroshi Tsuburaya : Oui, je l’ai fait. Pendant l’entraînement, nous nous étions également exercés à effectuer ce genre de sauts. 
 
Le journaliste : Comment vous entendiez-vous avec le réalisateur Shinichirō Sawai ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Il était un peu malicieux, le réalisateur ! 
 
Le premier jour de tournage, nous avions une scène enregistrée en son direct. Shinichirō Sawai avait ajouté de nouvelles répliques au scénario original et on m’a remis le texte modifié le matin même, dans la salle de maquillage ! J’étais complètement déconcerté. Aujourd’hui encore, je me souviens de cette réplique : « Les deux points essentiels quand on tire au laser sont : premièrement, être capable de concentrer toute son attention sur une cible en un instant. Deuxièmement, ne jamais quitter cette cible des yeux. » (rires) 
 
Le journaliste : C’est la scène où Dai récite ce qu’il a appris en classe le jour de la remise des diplômes au centre de formation des shérifs de l’espace, n’est-ce pas ? Ces répliques ne figuraient donc pas dans le scénario original ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Non. On me les avait données seulement quelques heures avant le tournage. 
 
Le journaliste : En parliez-vous avec Naomi Morinaga, qui interprétait Annie ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : J’étais souvent avec Naomi, mais nous ne parlions pas spécialement de nos rôles ni de notre jeu d’acteur. Nous plaisantions plutôt en nous demandant lequel de nous deux ferait le plus de prises ratées. Nous prenions le même train pour nous rendre au studio de tournage. Naomi m’a énormément soutenu. Je pense que si Shaider a autant plu, c’est aussi grâce à elle. À cette époque, Naomi n’aimait pas les scènes de « panchira », où l’on risquait d’apercevoir ses sous-vêtements. Elle était très douée pour les combats chorégraphiés, mais beaucoup moins au volant. Je ne sais combien de fois elle a accidenté sa RX-7 jaune... (rires) Moi, en revanche, j’étais plutôt doué pour conduire. Dans la scène du générique où je conduis une Jeep poursuivie par un homme qui me tire dessus depuis un hélicoptère, c’est réellement moi qui conduis. On m’avait demandé de m’arrêter à un endroit précis et je me suis arrêté exactement au bon endroit. Même le cadreur Fumio Matsumura m’a dit : « Tu conduis vraiment bien ! » Mais cette Jeep était aussi très facile à conduire ! 
 
Le journaliste : Que pensez-vous d’Osamu Kaneda, le coordinateur des cascades ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Ah, Osamu Kaneda, je l’adore. C’est quelqu’un envers qui je serai toujours reconnaissant. 
 
À l’époque, sur le tournage, tout le monde m’appelait « Dai » ou « Dai-chan », mais Kaneda, je ne sais pas pourquoi, m’appelait « Daisuke » ! Au début, je lui répondais : « Je suis Dai Sawamura ! » Mais il m’a énormément soutenu tout au long de la série et j’ai fini par aimer sa façon de m’appeler Daisuke. Plus tard, j’ai d’ailleurs prénommé mon fils Daisuke. (rires) 
 
Le journaliste : Vous entendiez-vous bien avec les membres de la JAC ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Oui. Je leur dois énormément, en particulier à Takanori Shibahara et Kazuyoshi Yamada. Sans eux, Shaider ne serait peut-être pas devenu aussi populaire qu’il l’est aujourd’hui. 
 
Le journaliste : Tous deux ont montré des qualités impressionnantes dans les scènes d’action de Shaider. 
 
Hiroshi Tsuburaya : Oui. Je leur dois énormément pour les scènes d’action. Yamada était notamment ma doublure et réalisait certaines scènes de combat à ma place. 
 
Le journaliste : Kazuyoshi Yamada interprétait dans Sharivan le mystérieux homme chauve en costume blanc, Umibōzu, qui se révèle être le guerrier Saikora. Il avait donc déjà le crâne rasé à cette époque ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Exactement ! (rires) Il m’a laissé un souvenir particulièrement fort lors du tournage du premier film de Shaider. Il y avait une scène où Dai sautait du haut d’un immeuble à Marunouchi avant de se transformer en plein vol. À cette époque, Yamada avait la même coiffure que moi et me doublait régulièrement. Mais, pour cette scène de chute, Kaneda a dit : « Shibahara, je veux que ce soit toi qui le doubles. » Shibahara lui a répondu : « Quoi ?... Je pensais que Yamada... » Mais Kaneda a insisté : « Non, ce sera toi, Shibahara ! » 
 
En regardant la scène, on comprend pourquoi. Il s’agissait d’une cascade spectaculaire dans laquelle le cascadeur risquait réellement sa vie. Kaneda connaissait parfaitement les capacités de chacun et savait que Shibahara était meilleur que Yamada pour ce type de chute. Yamada en fut extrêmement contrarié. J’ai alors compris toute la fierté et toute la passion qu’il mettait dans son travail de doublure de Dai. Cela m’a beaucoup ému et m’a rendu encore plus reconnaissant envers lui. 
 
Le journaliste : La chute réalisée par Takanori Shibahara est vraiment impressionnante. 
 
Hiroshi Tsuburaya : Oui. Aussi bien sur le plan technique qu’humain, être entouré de personnes aussi formidables permet vraiment de travailler dans de bonnes conditions. Je leur serai reconnaissant toute ma vie. Juste après la transformation du premier épisode, j’ai vu Shibahara, dans le costume de Shaider, sauter du haut d’une tour rouge. J’en suis resté stupéfait. Et pourtant, Shibahara avait le vertige ! 
 
Il disait que, lorsqu’il portait le casque, son champ de vision était tellement limité qu’il ne pouvait pratiquement pas voir ce qui se trouvait sous ses pieds. Du coup, il ne ressentait plus vraiment la peur du vide. C’est une sensation que j’ai encore du mal à comprendre... (rires) 
 
Le journaliste : Voilà une histoire surprenante. Qui a créé les poses du Shōketsu ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Elles ont été imaginées par Osamu Kaneda. Quant à la pose utilisée lorsque Dai se transforme en plein vol, Shibahara, Yamada et moi l’avons mise au point ensemble. 
 
Le journaliste : Au fil des épisodes, vous vous êtes attaqué vous-même à des scènes d’action de plus en plus difficiles, n’est-ce pas ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : J’avais de plus en plus envie de réaliser moi-même les scènes de combat. Je me souviens particulièrement des scènes tournées dans une carrière de la préfecture de Saitama, où je devais effectuer des roulades et des chutes. Le sol n’était pas recouvert de simples petits cailloux, mais de véritables rochers aux arêtes vives. Et la combinaison bleue de Dai n’était vraiment pas très épaisse. J’avais donc constamment mal. Il y a également eu l’épisode 19, Le point faible (Annie Kiki Ippatsu / Annie en danger). 
 
Pour une scène où Dai s’entraîne sous une cascade avec une épée japonaise, je devais tourner torse nu. Le réalisateur Ogasawara m’a soudain demandé : « Mais qu’est-ce qui est arrivé à ton dos ? » Comme je ne pouvais évidemment pas voir mon propre dos, je ne savais même pas dans quel état il se trouvait. Il m’a expliqué qu’il était couvert de blessures et d’ecchymoses et que cela semblait tellement douloureux qu’il ne voulait pas filmer mon dos. À cette époque, j’étais tellement habitué à avoir mal que je ne faisais plus vraiment attention à mon corps. J’ai donc moi-même été surpris de découvrir dans quel état était mon dos. 
 
Finalement, Yamada m’a remplacé pour les plans où l’on voyait Dai de dos. J’aime particulièrement cette scène d’entraînement, notamment pour mon expression. 
 
Le journaliste : Cette expression était peut-être justement le résultat de toutes les difficultés que vous affrontiez. 
 
Hiroshi Tsuburaya : Je le pense. J’ai également eu un problème pendant l’épisode 22, Sirènes et monstres aquatiques. Il y eut des moments vraiment dangereux. Dans une scène de transformation, je devais plonger dans la mer. Mais j’ai mal exécuté mon plongeon et je me suis fait mal au cou. Je n’arrivais plus à respirer et j’ai commencé à perdre connaissance... Heureusement, ma combinaison de plongée me maintenait à la surface et cela m’a sauvé. C’était vraiment très dangereux... 

Le journaliste : Vous avez également quelques anecdotes à propos d’enfants qui vous ont reconnu, n’est-ce pas ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Parmi tous les autographes que j’ai pu signer pour des enfants, il y en a un qui m’a particulièrement marqué. Un jour, alors que je me rendais à pied jusqu’au lieu de tournage, j’ai aperçu une feuille de journal abandonnée dans la rue. Comme cela n’avait rien d’extraordinaire, j’ai continué mon chemin. C’est alors que des enfants sont arrivés, m’ont reconnu et m’ont demandé un autographe. Malheureusement, ils n’avaient aucun papier sur eux. Je leur ai donc dit : « Allez chercher du papier et je vous signerai un autographe ! » 
 
Ils sont partis en chercher et, lorsqu’ils sont revenus, ce qu’ils m’ont rapporté était précisément la feuille de journal abandonnée que j’avais vue quelques instants auparavant ! Évidemment, je ne pouvais plus leur refuser. J’ai donc signé mon autographe sur cette feuille. Les enfants étaient tellement heureux que cela m’a fait plaisir à mon tour. 
 
Le journaliste : Ces enfants n’avaient évidemment aucune mauvaise intention. Votre autographe avait transformé une simple feuille de journal abandonnée en véritable trésor à leurs yeux. 
 
Hiroshi Tsuburaya : Oui, bien sûr. Ils n’avaient aucune mauvaise intention. Aujourd’hui encore, il m’arrive de repenser à cet autographe et de me demander ce que sont devenus ces enfants. 
 
Le journaliste : Comment vous sentiez-vous à l’approche de l’épisode final ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Je me sentais soulagé parce que j’étais encore en bonne santé physique. Je n’étais qu’un acteur, et non un spécialiste des cascades comme Kenji Ōba et Hiroshi Watari, qui venaient de la JAC. Si j’ai réussi à tenir pendant une année entière dans le rôle principal, je pense que je le dois vraiment à Naomi Morinaga, Takanori Shibahara et Kazuyoshi Yamada. Bien sûr, je suis reconnaissant envers toutes les personnes qui ont travaillé sur la série, mais envers eux en particulier. Nous faisions un travail dans lequel nous risquions réellement notre vie et nous nous sommes mutuellement soutenus. 
 
Kazuyoshi Yamada, avec qui nous avions tenu bon pendant Shaider, travaille maintenant comme coordinateur des cascades sur Kamen Rider Kuuga aux côtés de Kaneda. Mais ce qui me surprend le plus, c’est Hidenori Ishida. À l’époque de Shaider, il n’était encore que troisième assistant réalisateur et il est aujourd’hui l’un des principaux réalisateurs de Kuuga. Le temps passe... Contrairement aux réalisateurs principaux, nous étions constamment avec les assistants réalisateurs sur les plateaux. J’ai donc encore énormément de souvenirs de Hidenori Ishida. Longtemps après la fin du tournage de Shaider, je suis retourné aux studios de la Toei pour le tournage d’un drama et j’y ai croisé Ishida. C’était justement à l’époque où il commençait à réaliser ses propres productions. J’aimerais aller leur rendre visite sur le plateau de Kuuga et revoir ces deux personnes. 
 
Le journaliste : Était-ce la première fois que vous rencontriez Kenji Ōba et Hiroshi Watari lors de l’épisode final, l’épisode 49 ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Oui. À propos de cet épisode, c’était également la première fois que je portais moi-même le costume de Shaider. C’est réellement moi qui me trouvais dans le costume dans cet épisode, y compris pour la photographie réunissant les trois shérifs de l’espace. Akira Shimizu, qui interprétait Shaider dans le costume pour les gros plans, m’a soigneusement appris les différentes poses. 

Le journaliste : Je ne savais absolument pas que le Shaider que l’on voit sur la photographie où les trois shérifs de l’espace sont réunis était réellement interprété par vous ! C’est justement à cette époque que vous avez décidé d’interrompre votre carrière d’acteur. Aujourd’hui, vous travaillez comme manager de la Talent Division chez Tsuburaya Productions. 
 
Hiroshi Tsuburaya : À l’automne de l’année dernière, j’ai eu des problèmes de santé et j’ai estimé qu’il devenait physiquement trop difficile pour moi de poursuivre ma carrière d’acteur. Depuis avril, je travaille donc comme manager de la Talent Division. Cette division avait été créée à ma demande lorsque j’avais été choisi pour Shaider. À l’époque, je pensais qu’une structure permettant aux acteurs d’être directement rattachés à la société était nécessaire. Aujourd’hui, j’essaie de transmettre aux jeunes acteurs l’expérience que j’ai acquise au fil des années. J’espère que de jeunes acteurs comme Shigeki Kagemaru et Misato Suzuki pourront devenir encore plus populaires grâce à mon soutien et à mon expérience. 
 
Le journaliste : Avez-vous un dernier message à faire passer à vos fans ? 
 
Hiroshi Tsuburaya : Je pense que les héros des Uchuu Keiji sont éternels, tout comme Ultraman. J’aimerais revoir un jour une scène dans laquelle les trois shérifs de l’espace combattraient de nouveau ensemble. Moi, je ne peux plus être Shaider, mais j’espère qu’un jour quelqu’un deviendra le successeur de ce héros à l’armure bleu métallique ! Et surtout, prenez soin de vous ! 
 
C’est le message que je veux faire passer. Être en bonne santé est quelque chose d’essentiel, alors soyez attentifs aux signaux que vous envoie votre corps. 
 
Et j’espère que chacun continuera à se battre pour réaliser ses rêves. 
 
 
Interview réalisée par : Yu Tagami, Traduction japonaise-anglaise : Tetsuya Shima